Motion

François Tiberi et Francis Guidici, conseillers généraux des cantons de Prunelli-di-Fiumorbo et de Ghisoni, ont déposé devant le Conseil Générale de Haute-Corse une motion relayant et appuyant la demande des médecins visant à réorganiser d'urgence le dispositif de permanence des soins dans le sectreur du Fium'Orbu.

À la suite de cette motion, une réunion avec les médecins est prévue en Préfecture mardi 15 avril prochain.

Le cri d'alarme des médecins
On assiste depuis quelques années à une chute vertigineuse de la démographie médicale en ruralité. Dans certaines zones à forte densité de population, le problème devient particulièrement aigu et l’on peut d’ores et déjà parler de crise sanitaire, voire de drames humains réclamant la mise en place de mesures d’urgence.

Le secteur Plaine Orientale Sud dans une situation critique
En effet, les médecins assurent la PDS (permanence de soins) basée sur le volontariat. Cette PDS concerne la prise en charge des activités de médecine générale et de petites urgences. Dans le secteur Plaine Orientale Sud, secteur 7 (Ghisonaccia et Fium’Orbu), cinq médecins exerçaient jusqu’à fin décembre 2007, de manière exemplaire, les tours de garde : week-end, fériés et un jour par semaine (astreintes rémunérées par la CPAM, 10,00 € de l’heure environ).
Du fait de leur présence et de leur dévouement, on leur demande d’assurer en plus de la PDS, l’AMU (aide médicale d’urgence) qui n’est pas de leur compétence. La même participation est demandée aux Sapeurs Pompiers, ce qui n’entre pas dans leurs activités de secours prioritaire, les médecins sont d’ailleurs médecins pompiers volontaires pratiquement bénévoles. Les praticiens deviennent ainsi les effecteurs du SAMU 2B et répondent aux appels du 15 : sans moyens efficaces, sans dérogation pour leur véhicule (pas de gyrophare, pas de sirène…), sans couverture de responsabilité civile et professionnelle, sans indemnisation et sans formation in situ indispensable à leur mise à niveau.
Actuellement, l’absence de médecins de garde révèle l’incapacité du centre 15 à répondre efficacement à la prise en charge de l’urgence vitale, faute d’absence de structure et de moyens adaptés sur le secteur Plaine Orientale Sud et les villages de montagne voisins (bassin de vie allant de 15 000 habitants l’hiver à 35 à 40 000 habitants l’été). Ce secteur se situe à plus de 2h00 du centre hospitalier le plus proche.

Ce qui est demandé par les médecins
En réponse à cette carence, les médecins concernés, loin de se désengager, demandent :
• La création d’un SMUR fonctionnel qui comprendrait :
— une UMH (unité mobile hospitalière) : salle de déchoquage mobile dont la maintenance est assurée par le centre hospitalier de Bastia,
— un VRM (véhicule radio médicalisé) performant, type 4x4, équipé notamment de matériel de réanimation cardio-respiratoire.
• La reconnaissance des médecins locaux, véritables effecteurs du SAMU 2B, comme vacataires salariés du CH 2B pendant les gardes.
• La reconnaissance de la zone en secteur de désertification médicale (défiscalisation des vacations) et sa limite géographique (centre Aleria-limite nord Solenzara).
• La formation in situ par les médecins du SAMU 2B.

L’ensemble de ces mesures permettra d’une part aux médecins exerçant sur le secteur 7, malgré la limite d’âge pour certains, de poursuivre dans des conditions optimales la prise en charge des urgences et d’autre part aurait un effet attractif pour des installations nouvelles.
Ces mesures ont été intégralement reprises par François Tiberi et Francis Guidici dans leur motion.